YO LA TENGO - Painful [1993]
Jusqu'au mois dernier, lors d'une escapade à Londres. Je me baladais autour des disquaires de Brick Lane, l'eau à la bouche. Et je tombe sur ce Painful, datant de 1993. J'avais que trois ans à l'époque. L'air fier, j'achète mon premier CD de Yo la Tengo. Je scelle notre rencontre, je la transforme en relation. Sur le chemin du retour, j'enfile la galette dans l'auto-radio, et je sais que j'ai trouvé un bon compagnon.
Dans la voiture, une atmosphère s'installe. Je monte le son, mais pas trop. On parcoure l'autoroute anglaise dans la brume, on descend les routes de Normandie sous la neige. À travers la vitre, tout est blanc, immaculé. Et Painful passe en boucle. Accompagnant parfaitement un jour de Décembre très froid, où l'on se réchauffe comme on peu. Avec ces mélodies nerveuses mais qui sont de la pure mélancolie. Des guitares qui se croisent et qui tissent un flot d'émotions, des voix loin derrière qui rassurent.
On n'écoute plus beaucoup les disques en entier de nos jours. Alors quand on découvre une perle d'intensité, un disque aussi beau et cohérent, il faut reprendre de bonnes habitudes, et laisser la magie opérer du début à la fin. Et quand enfin on arrive à destination, que la dernière plage instrumentale s'achève, c'est un peu triste. C'est la fin d'un voyage. Un puissant voyage en musique. Painful m'a fait survivre au froid, il a sublimé la neige et il a changé de sombres pensées en l'espoir de jours meilleurs. Painful était au bon moment, au bon endroit. Et il a touché juste.



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