GOLDEN SMOG - Weird Tales [1998]
Si la sensibilité est quasiment la même pour chaque joueur, chacun apporte son twist personnel à ses compositions. Prenons les apports de Tweedy par exemple : si on m'avait dit que "Lost Love", "Please Tell My Brother" et "I Can't Keep From Talking" étaient des chutes de studio de Being There ou des premiers essais pour Summerteeth, j'y aurais cru sans souci. On y retrouve la même humeur de country mélancolique qui ne tombe jamais dans l'écueil d'une ballade classique tellement la tension de l'ami Jeff empêche toute mièvrerie de s'installer.
Il est si doux de se réfugier dans ce déluge d'arpèges et de pedal steel, si bon de pouvoir rêver de grands espaces sans subir la grandiloquence d'un Springsteen ou l'aspect trop rétro d'Uncle Tupelo. En fait, de manière bien plus subtile et universel que le grunge, c'est le son d'une époque où des petits génies parviennent à allier mélodies pop et mal-être adulescent (ils auraient presque pu inviter Stephen Malkmus et David Berman pour enfoncer le clou).
La palme de la ballade la plus sublime revient à Gary Louris. Son "Jennifer Save Me" vous fait dire "comment peut-on écrire encore des slows aussi simples et beaux qui vous pénètrent l'âme alors qu'on croyait que tout avait été écrit sur le sujet et qu'on ne m'y reprendrais pas à tomber amoureux d'une chanson d'amour" ?
It's time to face the music
But they never taught me how to dance
Weird Tales est le second et meilleur album de Golden Smog, chaînon manquant entre les Traveling Wilburys et Monsters of Folk. Trois groupes qui, dans leur décennie respective, auront su prouver qu'un supergroupe peut vraiment être super.



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